La crise financière en questions
« Pour l'instant, le paquet tient, mais tout dépend de l'évolution de la situation économique », a confié samedi soir à l'AFP un des négociateurs. Les industriels doivent payer pour leurs émissions de CO2, et les estimations de recettes sont conséquentes: 44 milliards d'euros par an sur la période 2013-2020 avec une tonne de CO2 à 30 euros.
Or ils refusent cette mise à contribution, dénoncée comme une taxe, et menacent de délocaliser leurs investissements et leurs activités les plus polluantes. « Comme la situation économique est plus difficile, il est naturel que les gouvernements deviennent plus défensifs sur le climat, car les efforts demandés induisent des coûts additionnels à court terme », a reconnu un haut responsable de la Commission européenne sous couvert de l'anonymat.
Certains responsables européens n'hésitent plus à parler ouvertement de la dilution, voire de l'abandon du projet.
« S'il se réalisait, il tuerait la reprise économique. Or personne n'a envie de se suicider », a déclaré pour sa part l'économiste Renato Brunetta, ministre de l'Innovation dans le gouvernement de droite dirigé par Silvio Berlusconi.
La menace est prise très au sérieux à Bruxelles. Le commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas a ainsi publiquement appelé les hommes politiques et les entreprises à « ne pas combattre les mesures que nous proposons ».
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